Avertir le modérateur

17/03/2017

Les Américains ne veulent pas qu’on les dérange. La mobilité est objectivement en baisse, qu’elle soit géographique, professionnelle, ou même physique.La prospérité dépend de la liberté des idées, non de la démocratie

Utiliser l’innovation contre le changement

Cette classe d’individus, influente, «utilise l’innovation, par exemple dans les technologies de l’information, pour ralentir le changement dans la vie quotidienne», explique-t-il. Les Américains ne veulent pas qu’on les dérange. La mobilité est objectivement en baisse, qu’elle soit géographique, professionnelle, ou même physique. 51% des salariés travaillent par exemple pour la même entreprise depuis au moins cinq ans (44% en 1998).

A lire aussi: La prospérité dépend de la liberté des idées, non de la démocratie

Les Américains ne veulent surtout pas de surprises. Un exemple parmi d’autres: entre 2005 et 2012, le tiers des couples mariés s’est rencontré sur Internet. L’auteur parle de «New Culture of Matching». S’il y a un grand projet dans lequel chacun s’investit, c’est dans la quête d’un profil analogue au sein. L’entre-soi se porte bien, ainsi qu’une tendance croissante à la ségrégation. C’est l’Amérique qui ne veut pas être dérangée, celle du «Nimby» («Not In My Backyard»). Pourtant si les individus se déplaçaient dans les villes offrant de meilleurs emplois et une productivité supérieure, le produit intérieur brut (PIB) serait de 9,5% supérieur. Malheureusement, le statu quo est un but en soi.

Ning Wang, professeur à l’université de Zhejiang, souligne, dans une étude sur l’avenir de la Chine publiée dans le Cato Journal, à quel point l’économie chinoise réduit son potentiel. Son raisonnement vaut pour d’autres pays lorsqu’il explique que le marché des idées doit être mis au cœur du processus de création.

La fin de la mobilité sociale

L’Amérique a perdu le goût du risque et «n’est plus capable de se régénérer», juge Tyler Cowen. «La génération Y est la moins entrepreneuriale de l’histoire», observe-t-il. Les statistiques indiquent que la part des moins de 30 ans à posséder une entreprise a chuté de 65% depuis les années 1980. Le nombre de start-up décroît. Elles représentaient 12 à 13% de l’économie dans les années 1980, contre 7 à 8% aujourd’hui. Environ 13,5% de l’emploi se concentre sur les entreprises de moins de cinq ans, contre 18,9% dans les années 1980. Les grandes réussites entrepreneuriales sont le fruit de personnalités appartenant aux classes privilégiées et non, comme Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, de pauvres ayant gravi toutes les marches de l’échelle sociale.

La cause du phénomène est attribuée en partie à l’Etat et à la loi, ainsi qu’à l’esprit sécuritaire. Dans les années 1950, seuls 5% des salariés avaient par exemple besoin d’une autorisation de l’Etat pour exercer leur profession. L’Etat protège excessivement cette classe sécuritaire. Et pas moins de 61% des dettes privées sont couvertes par une garantie étatique, implicite ou non, selon la Fed.

A lire aussi: Les quatre clés de la réussite de l’entrepreneur face à l’incertitude

Cette classe d’autosatisfaits se répartit en trois catégories. La première est celle des privilégiés et des bien formés. Elle est devenue un objectif politique pour Donald Trump et Bernie Sanders. La deuxième catégorie est formée de gens qui se situent au milieu de l’échelle des revenus et de la formation. C’est la classe moyenne. Elle vit correctement, mais souffre de la hausse des coûts et ne profite plus d’une amélioration de sa qualité de vie. Enfin, il y a ceux dont l’horizon économique reste «bloqué». «Leur passé, leur présent et leur futur ne sont pas heureux», selon l’auteur.

La classe des autosatisfaits ne se rebelle pas, déplore l’auteur. La différence est frappante avec une ère de violences et de mouvements sociaux comme les années 1960.

Les signes de rébellions futures semblent pourtant s’accumuler. L’ouvrage est d’ailleurs dédié «à la partie rebelle qui sommeille en chacun de nous».

La classe des autosatisfaits et l’ère sécuritaire ne sont pas éternelles. Le désengagement du citoyen aura bientôt vécu, promet Tyler Cowen. L’instabilité va renaître. Le phénomène est évident sur la scène géopolitique, mais le retour de l’action violente, par exemple à travers la cybercriminalité, ne tardera pas aux Etats-Unis. La réponse du gouvernement sera d’autant plus compliquée que la confiance a disparu ces 15 dernières années à l’égard des autorités. Tyler Cowen s’attend à ce que le géographe Richard Florida nomme la «grande réinitialisation» («Great Reset»). Le retour des conflits est programmé.

Le «dieselgate» a fait beaucoup de bruit dans les médias depuis septembre 2015. Souvenons-nous que le but déclaré de Volkswagen dans son rapport annuel 2014 était de devenir «le leader du marché automobile pour 2018, tant sur le plan économique qu’écologique». Voyons les problématiques de cohérence que ce type d’objectif peut provoquer.

Que vous dirigiez une start-up en croissance, un service, une organisation plus importante ou un projet transversal, définir des objectifs stratégiques et veiller à les atteindre fait partie de vos principales missions. Mais un but ne peut tenir seul. Il ne peut supporter les pressions ni surmonter l’adversité et garder son essence sans une constante attention de votre part sur certaines variables.

A lire aussi: Et tout à coup la productivité a disparu

La pertinence de la stratégie

Votre stratégie est-elle pertinente? Cette question en amène aussitôt une autre: pourquoi concevoir des stratégies sophistiquées alors que tout fluctue en permanence autour de nous? Eh bien, être parfaitement conscients de l’évolution du contexte ne signifie pas abandonner toute idée de stratégie ou la modifier sans cesse; en revanche, il convient de reconnaître que sa pertinence doit être remise en cause plus fréquemment. Mon plan est-il toujours le bon, fournit-il les résultats escomptés? Typiquement, si la mise en œuvre se déroule sans difficulté, mais les indicateurs généraux n’affichent aucun progrès, alors il est possible que la stratégie nécessite une véritable restructuration.

Continuez votre lecture

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu