Avertir le modérateur

29/01/2019

PPF,L’utopie du revenu garanti récupérée par la Silicon Valley.Soutenez-nous !« Le Monde diplomatique » ambitionne de faire vivre un journalisme affranchi des pouvoirs et des pressions. Une liberté qu'il doit essentiellement à ses acheteurs et abonnés.

StefanV.Raducanu,Webpiculteur...

Dipl.Ing.StefanV.Raducanu veille pour vous: économie,technologie, societal,Je pense que je peux donner de l'énergie aux gens grâce à ce que je fais.,UNE VAGUE D'INSPIRATION.

"C'est notre grosse valeur ajoutée : les utilisateurs découvrent de cette manière des contenus sur lesquels ils n'auraient pas forcément cliqué"

Dans le monde avec ''MyNewsCenterNavigator''

Je suis pisciacais, français,  citoyen du monde

NEWS CENTER in 3 clicks

Global4.gifmegaphone-clip-art-9cp4KXRcE.jpegRegardez avec moi

Imaginez ce que nous pouvons faire ensemble

FRANCE WEB

Créateur des espaces de travail collaboratif , assurant la communication des exposants et partenaires, FranceWeb illustre la volonté du Réseau.

Produire de l’intelligence collective au bénéfice de l’économie sociale et de la vie associative et impulser les changement nécessaires par l’évolution de notre société.

Ce site est destiné à ceux qui, comme CAMUS, veulent comprendre au lieu de juger. Il veut aussi faire honneur au génie français qui a donné naissance à cette trilogie sublime, à cette prodigieuse utopie humaine qui, encore aujourd'hui, fait rêver le Monde: "liberté, égalité, fraternité".

S’exprimer, rêver à un monde meilleur n’est pas interdit. Encore faut-il communiquer avec les autres pour que ce rêve ait une chance de convaincre, de devenir un jour réalité.

PoissySmartCity,: il existe à Poissy une volonté pour concrétiser nos projets, grâce à un esprit collectif au service d'une vision de la ville. Et chacun est à sa place. C'est l'expression directe tout simplement. Nous devons assumer cette réalité, cette attente, ce besoin de proximité. 2019 doit être une année où nous retrouvons nos repères , où il nous faut imaginer à nouveau un projet ensemble dans le respect de la diversité démocratique.

Sensibiliser, informer, promouvoir...

un projet collaboratif

Groupe d'intérêts.jpgPour Vous et avec Vous!

Un projet ambitieux, humain, imaginatif, hors normes, réunit 3 pôles est sera tourné vers une approche de bien-être collectif et individuel, grâce à son architecture, à l'intégration de la nature et aux services proposés. Laisser les groupements d'opérateurs faire preuve d'imagination. Même s'il s'agit d'un exercice difficile, nous invitons les groupements à laisser libre cours à leur imagination tout en leur demandant d'intégrer ce modèle de société.

A la rencontre d’initiatives positives au niveau humain, économique, culturel, technologique… 

« Avec cette grande campagne, nous souhaitons donner un coup de projecteur sur les aspects positifs de notre vie quotidienne en donnant vie à l’optimisme et au bonheur, des valeurs auxquelles FranceWeb aspire depuis 17 ans. Nous ne pouvons pas changer le monde mais nous pouvons encourager les lecteurs à croire en de meilleurs lendemains. Là est toute la promesse de cette nouvelle campagne. Cette signature sera récurrente tout au long de l’année 2019 » rappelle Stefan Raducanu, Président  FranceWeb.

Joyeuse colonisation numérique

La surveillance par les services secrets américains des données personnelles des Européens attente au « contenu essentiel du droit fondamental au respect de la vie privée ». Ce jugement de la Cour de justice de l’Union européenne rendu le 6 octobre dernier marque un tournant : sous la pression des industriels, les pouvoirs publics s’intéressent soudain à la régulation du capitalisme numérique.

Lire aussi « Revenu garanti, une utopie à portée de main », Le Monde diplomatique, mai 2013.

Soutenez-nous !

« Le Monde diplomatique » ambitionne de faire vivre un journalisme affranchi des pouvoirs et des pressions. Une liberté qu'il doit essentiellement à ses acheteurs et abonnés.

Faites un don


L’utopie du revenu garanti récupérée par la Silicon Valley

L’utopie du revenu garanti récupérée par la Silicon Valley.pdf

par Evgeny Morozov, 29 février 2016
 
Les dirigeants de la Silicon Valley parlent rarement de politique — sauf, à la rigueur, pour discuter de la meilleure façon de la chambarder. Dans les rares occasions où ils se laissent aller à montrer leur vision du monde, c’est pour dénigrer les sans-abris, célébrer le colonialisme (1) ou vouer aux gémonies les autorités municipales qui persécutent les artisans fragiles auxquels la planète reconnaissante doit Uber et Airbnb.
Il peut donc paraître incongru que le gratin des nouvelles technologies soit devenu l’un des plus fervents soutiens du revenu garanti pour tous — une idée ancienne remise au goût du jour, sous des formes et pour des raisons fort différentes, aussi bien à droite qu’à gauche. De Marc Andreessen, l’influent cofondateur de Netscape, à Tim O’Reilly, l’illustre pionnier du web 2.0, les gourous de la Silicon Valley débordent d’enthousiasme pour ce projet qui consiste à accorder à tout individu, qu’il travaille ou non, les moyens de subvenir à ses besoins essentiels.

Y Combinator, l’un des premiers incubateurs de start-up de la Silicon Valley, a annoncé son intention de recruter un chercheur et une équipe de volontaires pour étudier la faisabilité du revenu garanti sur cinq ans. Subjugué, Albert Wenger, le richissime associé de la société de capital-risque United Square Ventures, a fait savoir qu’il lui consacrerait l’écriture d’un livre.

Pourquoi un tel engouement ? Bien sûr, il y a d’abord la vieille allergie libertarienne à l’Etat-providence, un spectre que le revenu universel, combiné à un démantèlement total des services publics, pourrait définitivement réduire à néant. Ensuite, l’automatisation croissante de l’industrie risque à terme de multiplier encore le nombre de chômeurs : le versement à tous d’un petit pécule garanti et sans conditions permettrait d’éloigner la menace d’un soulèvement populaire néo-luddite. Pour la Silicon Valley, chacun doit s’initier à la programmation informatique, se satisfaire des miettes du revenu garanti et ne poursuivre qu’un rêve : rencontrer un aventurier du capital-risque.

Un troisième calcul pourrait expliquer cet emballement soudain : la nature précaire des emplois serait mieux supportée si les employés disposaient par ailleurs d’une ressource stable. Conduire une voiture pour Uber serait alors vécu comme un loisir, agrémenté d’un petit bénéfice matériel. Un peu comme la pêche, mais en plus social.

Pour toutes ces raisons, le revenu garanti est souvent perçu comme un cheval de Troie au service des compagnies high-tech qui cherchent à se donner une allure altruiste — le bon policier, par opposition au méchant policier de Wall Street — pour mieux éliminer les derniers obstacles sur la voie de leur hégémonie. Adieu, encombrantes vieilleries de l’Etat social ; adieu, régulations qui protégeaient encore un peu les droits des travailleurs ; adieu, questionnements pénibles sur la propriété des données personnelles extorquées aux internautes, comme sur les infrastructures qui les engendrent.

Il y a cependant une autre raison sous-jacente à la nouvelle lubie de la Silicon Valley : elle a compris que si elle échouait à définir les termes du débat sur le revenu universel, le public risquerait de prendre conscience que le principal obstacle à la concrétisation de cette utopie n’est autre que… la Silicon Valley elle-même.

Pour comprendre pourquoi il en est ainsi, il convient d’examiner la version théoriquement et technologiquement la plus sophistiquée du principal argument en faveur du revenu garanti. On peut se référer sur ce point aux travaux des économistes hétérodoxes italiens Carlo Vercellone, Andrea Fumagalli ou Stefano Lucarelli, qui procèdent depuis des décennies à une critique en règle du « capitalisme cognitif » — cette évolution contemporaine du capitalisme marquée par l’importance croissante du travail intellectuel au détriment de la production de biens matériels.

Contrairement à ceux qui défendent le revenu universel comme un principe nécessaire sur le plan moral ou social, ces économistes l’analysent sous l’angle d’un choix de politique économique qui a parfaitement son utilité dans la phase actuelle de transition vers le capitalisme cognitif. Le revenu garanti permettrait selon eux de remédier à l’instabilité structurelle générée, entre autres choses, par la précarisation du travail et des écarts de revenus de plus en plus aberrants, mais également d’accélérer la circulation des idées — et leur potentiel d’innovations lucratives — dans les circuits de l’économie.

Dans quel sens ? En premier lieu, le revenu garanti permet de rémunérer le travailleur pour toutes les tâches qu’il accomplit pendant qu’il n’est techniquement pas au travail — lesquelles tâches, à l’ère du capitalisme cognitif, produisent souvent plus de valeur que le travail rémunéré (2). En outre, dans la mesure où nous travaillons collectivement à l’enrichissement de la Silicon Valley — savez-vous dans quelles proportions vous aidez Google à améliorer son indexation chaque fois que vous utilisez son moteur de recherche ? Ou de combien une ligne de code écrite pour un logiciel libre améliore l’ensemble du produit ? —, il est souvent impossible de déterminer la part d’implication de chacun dans le produit final. Le revenu universel entérine simplement le fait qu’une part importante du travail cognitif moderne est social par nature.

Finalement, le revenu garanti constitue un moyen de s’assurer qu’une partie des gains de productivité tirés des nouvelles techniques de rationalisation du travail — qui profitaient naguère aux salariés grâce au mécanisme de l’indexation des salaires — continueront à profiter aux employés pendant que la destruction des droits du travailleur se poursuivra de plus belle. Ce qui favoriserait l’accroissement des investissements et des profits, et l’enclenchement d’un cercle vertueux.

L’argumentaire du capitalisme cognitif en faveur du revenu universel est sans aucun doute plus raffiné que ce résumé. Toutefois, il appelle deux conditions supplémentaires : d’une part, que l’Etat redistributif survive et refleurisse au lieu de disparaître, car ce sont les investissements publics dans la santé et l’éducation qui nous donnent la liberté d’être créatifs ; d’autre part, que l’impôt soit réformé en profondeur, pour taxer non seulement les transactions financières mais aussi l’utilisation des outils d’appropriation tels que les brevets, les marques déposées et les droits d’usage des données, qui s’opposent au partage du savoir dans la société.

Cette approche plus radicale de la question du revenu garanti suggère que la Silicon Valley, loin d’en être la grande championne, constitue en fait sa pire ennemie. Les géants du numérique s’emploient à contourner l’impôt ; ils cherchent en permanence de nouvelles astuces pour extorquer leurs données aux usagers qui les produisent ; ils veulent réduire à néant l’Etat redistributif, soit en le détruisant complètement, soit en le remplaçant par leurs propres services privés et hautement individualisés — le bracelet connecté de FitBit qui enregistre nos indicateurs de santé contre un système de couverture maladie gratuit et universel. Sans compter qu’ils colonisent, usurpent et transforment en machine à cash — aussi appelée « économie du partage » — toute forme nouvelle d’entraide sociale permise par les derniers progrès des technologies de la communication.

En somme, on peut soit défendre un revenu universel socialement ambitieux — qui permettrait par exemple aux gens de s’organiser et de coopérer comme ils le souhaitent, étant délivrés de l’obligation d’effectuer un travail salarié —, soit plaider pour un capitalisme de plate-forme où chaque travailleur se mue en entrepreneur précaire de lui-même. Mais on ne peut pas avoir les deux.

En réalité, rien n’empêche la Silicon Valley de faire un premier pas vers la mise en place du revenu universel : en nous laissant, nous, les usagers, être propriétaires de nos propres données. Lesquelles pourraient au moins trouver ainsi des usages alternatifs non commerciaux. Rien n’interdit en outre d’imaginer un mécanisme en vertu duquel les collectivités ou les Etats, actuellement privés des données accaparées par les entreprises privées, rétribueraient chaque citoyen pour les précieuses données qu’il leur délivre, soit sous la forme directe d’un versement en argent — assimilable à un revenu minimum universel —, soit sous la forme indirecte de services publics gratuits, par exemple dans les transports.

Mais un tel scénario n’est pas près de se réaliser, pour la simple raison que nos données sont une richesse qui donne tout son pouvoir à la Silicon Valley — ce qu’elle sait pertinemment. Aussi, au lieu de partager le magot qu’elle s’est accaparé, préfère-t-elle exhiber un soutien ardent, quoique vide, au principe de redistribution — principe qu’elle exècre et s’acharne à effacer de la mémoire collective.

Le plus insolite, c’est que la crème des start-up voudrait nous persuader que les gouvernements prendraient en charge le financement du revenu universel. Avec quel argent ? Certainement pas avec les milliards des nababs de la Silicon Valley : ces radicaux préfèrent les déposer dans des paradis fiscaux.

Evgeny Morozov

 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu