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29/11/2015

Stefan de France : Faire = agir + vouloir + penser. Contrairement à : esclavage, soumission, oppression. On ne devient libre qu’en comprenant qu’on ne l’est pas.André Comte-Sponville, Le goût de vivre et cent autres propos

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Vivre ce n’est pas attendre et recevoir. Le bonheur n’est pas un cadeau. La vie n’est pas un conte.

André Comte-Sponville

ANDRÉ COMTE-SPONVILLE PRÉSENTE SON ESSAI

Cette formule, tirée d’une phrase de Montaigne (« C’est chose tendre que la vie, et aisée à troubler »), est le titre du nouveau livre d’André Comte-Sponville : C’est chose tendre que la vie (Entretiens avec François L’Yvonnet), Albin Michel, 2015, 544 pages, 24 €. L’ouvrage sera en librairie à partir du 3 septembre. Stimulé par les questions de François L’Yvonnet, André Comte-Sponville y revient sur son parcours, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, et présente un tableau d’ensemble de sa philosophie. Un livre-bilan, à la fois singulier et fort. (source : Chose tendre)

La philosophie est le contraire d’une tour d’ivoire : elle n’existe que dans le monde, que dans la société et d’autant mieux qu’elle ne cesse de s’y confronter.
Il s’agit de dire oui, au monde et à la vie et c’est à quoi se ramène la sagesse.
La morale est une exigence infinie, toujours insatisfaite, elle ne suffit pas. La morale est toujours trop grande pour nous. Fonder sa vie sur la seule morale est voué à l’échec. Vouloir être un saint, c’est s’interdire d’être un sage.
La morale est incapable de nous prouver le bonheur. La vertu ne suffit pas au bonheur ni le bonheur à la vertu. La morale est lucidité (sur soi) et respect (de l’autre).
Louis Althusser La philosophie n’est pas une science, ses catégories ne sont pas des concepts scientifiques, ses thèses ne sont pas des théorèmes, ses arguments ne sont pas des démonstrations. Non certes qu’on puisse y dire n’importe quoi ! Une position philosophique, comme une position politique, peut être plus ou moins juste. Mais cela n’a de sens que d’un certain point de vue, que contre certains adversaires, qu’au sein d’un rapport de forces déterminé.
Vivre ce n’est pas attendre et recevoir. Le bonheur n’est pas un cadeau. La vie n’est pas un conte.
La jeunesse a peur et fait peur. La jeunesse est fragile. La vie la menace. La vie est dangereuse pour la jeunesse ou la jeunesse est à elle-même son principal danger. Les jeunes ont tout à perdre parce qu’ils ont tout à vivre. La jeunesse est un danger, la via aussi et c’est le même.
Connaître, penser précisément ce qui est, distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas, ce qui peut être changé et ce qui ne le peut, le réel et l’imaginaire, la vérité et l’illusion.
La lucidité est un premier pas vers la sagesse, donc aussi vers le bonheur.
La vérité sur l’angoisse n’est pas angoissante, la vérité sur la tristesse n’est pas triste, la vérité sur le malheur ….
Il y a une joie à connaître. Connaître sa faiblesse est une force. 14 février
Accepter tous les moments tels qu’ils sont. Etre lucide, ne pas mentir, ne pas nier, ne pas fuir, ne pas faire semblant.
Ni enjoliver la vie, ne la magnifier, ni l’exagérer.
Traverser l’angoisse et la douleur. Passer de l’autre côté du désespoir, de l’angoisse, du crépuscule. 14 février
Amour de bienveillance : qui aime l’autre pour son bien à lui.
Stoïcisme : sagesse de l’action, de la volonté, du courage. Distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Art de vouloir : fais ce qui dépend de toi, cela seul est volontaire.
Le monde n’est pas une nourrice et nous pleurons en vain.
Le réalisme est plus nécessaire à l’action que l’enthousiasme et permet à l’homme d’action de réussir.
La vie n’appartient qu’aux individus. 14 février
On ne change pas la vie, on change la société, quand on peut. On se change soi, quand on en est capable.
La politique n’est pas là pour changer la vie. Elle est là pour maintenir ou améliorer ce qui la rend possible.
La philosophie est pérenne depuis 25 siècles.
Retour de la philosophie aujourd’hui ? Régression des religions, déclin des idéologies, moins d’illusions par rapport aux sciences humaines.
Penser sa vie, c’est aussi penser le monde, penser la société, penser les autres et nos relations avec eux. Penser sa vie, donc le monde, donc le tout.
Bien connaître son moi pour s’en libérer.
Agir c’est toujours mettre notre puissance au service de notre impuissance et choisir l’avenir, autant que nous pouvons, en modifiant le présent. C’est s’affronter à ce qui est, pour le mettre au service de ce qui doit être ou que nous désirons.
Chacun reste prisonnier de ses limites, qui sont celles de son corps, qui sont celles de son cœur, qui sont celles de notre fragilité.
Quand y a-t-il plaisir ? Quand y a-t-il joie ? Quand y a-t-il bonheur ? Quand nous désirons ce que nous avons, ce que nous faisons, ce qui est, ce qui ne nous manque pas.
Schopenhauer Ainsi toute notre vie oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. Souffrance de n’avoir pas ce qu’on désirer, ennui d’avoir ce qu’on ne désire plus…
Le bonheur de désirer, qui est amour, vaut mieux que le désir du bonheur, qui n’est qu’espérance.
Il faut accepter le changement, l’impermanence, la fugacité de tout. Car c’est aimer la vie telle qu’elle est. Tout est devenir.
Marcher : rattraper nos chutes. Penser : corriger nos erreurs. Vivre : soigner nos blessures. Changer dans l’universel changement. Innover dans la perpétuelle nouveauté. Rêver : fixité.
Denis de Rougemont Etre amoureux est un état, aimer est un art.
N’aimer que soi, ou que pour soi ? C’est piétiner sur place, refuser de grandir, s’enfermer dans la petite enfance, dans la dépendance, dans le manque.
Ose te connaître toi-même : aie le courage de chercher à savoir ce que tu es, ce que tu vaux, ce que tu veux ! Cela t’aidera à changer, à avancer, à guérir ou à grandir. 14 février
Faire = agir + vouloir + penser. Contrairement à : esclavage, soumission, oppression. On ne devient libre qu’en comprenant qu’on ne l’est pas.
Vivre, pour quoi ? chercher un but extérieur. Réponses possibles : but, sens, justification, sens, raison(s). Le goût de vivre s’apprend. On doit s’y éduquer.
Montaigne La vie doit être elle-même à soi sa visée, son dessein.
Sagesse du plaisir, sagesse de l’effort, sagesse de l’amour = amour de vivre.
Ce n’est pas parce que la vie est bonne qu’il faut l’aimer, mais pour qu’elle le soit. 14 février
La philosophie est le chemin, la sagesse son but. C’est un type de discours et de raisonnement (pensée, raison, concepts). La philosophie est un chemin de concepts et un travail.
Sagesse : qualité de silence, action, méditation, expérience.
On devient philosophe parce qu’on se sent plus doué pour la réflexion que pour la vie.
Penser mieux pour vivre mieux.
C’est en cherchant la vérité qu’on trouve le bonheur, non en cherchant le bonheur qu’on trouve la vérité.
Combattre l’incivilité c’est déjà résister à la barbarie.
Celui qui donne sans plaisir n’est pas généreux, c’est un avare qui se force. Jouir du bien qu’on fait à autrui ? C’est la générosité vraie, qui n’est pas un devoir mais une vertu.
La paix, la liberté, l’amour ne valent qu’à proportion du désir en nous qui les vit.
L’humanité n’est qu’une espèce animale parmi d’autres. Mais elle est la seule à s’interroger sur son rapport aux autres espèces et sur ses devoirs vis-à-vis d’elles. Nous ne saurions être pleinement humains sans nous préoccuper des animaux.
L’écologie est un humanisme, l’humanisme se doit d’être écologiste.
Montaigne Il y a un certain respect qui nous attache et un général devoir d’humanité non aux bêtes seulement qui ont vie et sentiment mais aux arbres et aux plantes… Il y a quelque commerce entre elles et nous et quelque obligation mutuelle.

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