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10/11/2013

Travailler sans nuire à sa santé devient une priorité>> S'habiller 100% Made in France, «c'est possible !»>>Travail dominical : des supermarchés autorisés à rouvrir dès ce week-end

La notion de santé au travail a évolué ces dernières années, intégrant désormais les risques de souffrance psychique.

La souffrance psychique d'origine sociale, singulièrement au travail, est devenue une préoccupation majeure de notre société. Certains suicides spectaculaires n'en sont que la partie émergée. «La souffrance sociale est la grande névrose narcissique française», n'hésite pas à affirmer le sociologue Alain Ehrenberg, directeur de recherche au CNRS. Non sans raisons d'ailleurs.

Les risques psychosociaux prennent des visages différents selon le métier exercé. Par exemple, une infirmière ou un serveur doivent faire face à des exigences émotionnelles fortes, en maîtrisant leurs propres émotions et en apaisant celles des individus rencontrés. Un ouvrier souffrira plutôt d'un manque de marge de manœuvre dans l'exécution de son travail.

«Les professions les plus qualifiées apparaissent, au regard des divers indicateurs disponibles, confrontées à des exigences psychosociales au travail relativement élevées, ainsi qu'à des conflits de valeurs plus fréquents (devoir réaliser un travail qui heurte les normes personnelles, professionnelles ou sociales, NDLR), mais sont moins exposées au manque de marge de manœuvre, de soutien social ou de sécurité économique que les professions peu qualifiées», selon la publication de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares Analyses, décembre 2010). En dehors des secteurs de l'administration, de la santé et du social, plus d'un salarié sur quatre craint de perdre son emploi.

Personne ne doute que le travail soit un lieu de tension entre les aspirations des salariés et les exigences de l'entreprise. «Lorsque cette tension est faible, explique-t-on à l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), on peut envisager une relation confiante et apaisée des salariés avec leur entreprise.» En revanche, si cette tension est très forte, la santé du salarié en pâtit.

Déjà en 2005, une enquête de la Dares sur les conditions de travail soulignait le poids des exigences professionnelles. Un actif sur quatre considérait qu'on lui en demandait régulièrement une quantité excessive. La même proportion se plaignait de devoir «fréquemment interrompre une tâche pour une autre non prévue» et la moitié des actifs d'être obligée fréquemment de «se dépêcher dans son travail».

Tout n'est heureusement pas noir dans le monde du travail, qui reste, note la Dares, «un lieu de socialisation très important pour beaucoup de personnes». Les collègues sont très largement jugés «amicaux», l'entraide est une réalité et «le soutien des supérieurs est également très présent, même si près d'un salarié sur quatre estime que son supérieur ne l'aide pas à mener ses tâches à bien».

Le revers de l'autonomie

Les risques psychosociaux sont une préoccupation assez récente. Dans Les Tribunes de la santé (printemps 2013), publication de la chaire santé de Sciences Po (printemps 2013), Nicole Notat, PDG de Vigeo, une société d'audit qui évalue notamment les performances sociales des entreprises et des collectivités, relevait l'évolution des concepts sur la santé au travail: «D'une question initialement limitée à l'accident du travail, à l'atteinte à l'intégrité physique, nous sommes passés au repérage de ce qui peut être relevé et reconnu comme maladie professionnelle et maintenant à une prise de conscience du bien-être au travail».

C'est qu'il n'est plus seulement demandé au travailleur d'accomplir une tâche, mais aussi de faire preuve d'une certaine autonomie pour atteindre les objectifs fixés, parfois avec sa coopération. Autonomie appréciée mais qui comporte son revers puisque, en cas d'échec, le salarié se trouve renvoyé à un sentiment personnel d'insuffisance.

«L'affirmation de soi se distribue entre deux bornes opposées, la reconnaissance, qui la soutient, et la souffrance, qui la détruit», estime Alain Ehrenberg dans La Société du malaise (Odile Jacob, 2010). L'impact de la souffrance psychosociale retentit donc bien plus insidieusement sur la vie personnelle que la simple difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale. Un problème rencontré par un actif sur dix.

«La prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles doit permettre une augmentation de la qualité et de l'organisation du travail mais aussi du plaisir à travailler», expliquait la sénatrice et médecin Catherine Génisson, lors d'une conférence parlementaire à Paris le 15 octobre, tandis que le député Jean-Pierre Door invitait à «une rénovation de la gouvernance de la prévention qui est assez éclatée en France. Il faut une gouvernance nationale avec des déclinaisons territoriales adaptées».

Adjointe du directeur général de la Direction générale de la santé (dont le poste est inexplicablement vacant depuis la rentrée!), le Pr Marie-Christine Favrot se félicite de voir la prévention mise au cœur de la nouvelle stratégie nationale de santé présentée par Marisol Touraine (nos éditions du 24 septembre).«En France, explique le Pr Favrot, nous soignons très bien, mais nous n'avons pas vraiment de politique de prévention.» C'est dit.

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France>>Conjuncture>> Hamon mise sur «l'économie sociale» pour créer des milliers d'emplois>> Comment inciter les Français à travailler autrment...

France>> S&P: «nous estimons que les réformes engagées dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail n'amélioreront pas sensiblement les perspectives de croissance de la France à moyen terme».

France>> ECONOMIE>> Conjoncture>>S&P>> Selon l'agence, le pays a perdu sa marge de manœuvre ­financière et n'est pas en mesure de se réformer davantage>> Elle met plus particulièrement en avant cinq points noirs.

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France>> UN MANQUE DE RÉFORMES>> UNE PRESSION FISCALE TRÈS ÉLEVÉE>>L'INCAPACITÉ À BAISSER LES DÉPENSES>>UN TAUX DE CHÔMAGE PÉNALISANT>LA DETTE GRIMPE TOUJOURS>Conjoncture>Les cinq raisons d'une dégradation

 

AA : les cinq raisons d'une dégradation

Dans son communiqué publié vendredi à sept heures du matin, S&P a justifié sa décision d'abaisser une nouvelle fois d'un cran la note de la France. Selon l'agence, le pays a perdu sa marge de manœuvre ­financière et n'est pas en mesure de se réformer davantage. Elle met plus particulièrement en avant cinq points noirs.

1. UN MANQUE DE RÉFORMES

L'introduction de la note publiée hier par S&P est on ne peut plus claire: «nous estimons que les réformes engagées dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail n'amélioreront pas sensiblement les perspectives de croissance de la France à moyen terme». Les mesures prises, comme le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) ou l'accord de sécurisation de l'emploi, sont certes «positives mais probablement insuffisantes» pour améliorer la compétitivité et la flexibilité de l'économie, qui reste «inférieure à celle d'autre pays bien notés dans la zone euro». De nouvelles réformes structurelles sont donc ­nécessaires pour que la croissance reparte substantiellement. Aujourd'hui, les entreprises exportatrices françaises «continuent de perdre des parts de marché face à des concurrents européens issus de pays ayant déjà agi sur les rigidités structurelles de leurs économies».

2. UNE PRESSION FISCALE TRÈS ÉLEVÉE

Le début du quinquennat a été marqué par une forte hausse des prélèvements obligatoires, car le gouvernement a fait le choix des hausses d'impôts pour redresser les finances publiques. Et ce, rappelle S&P, alors qu'ils étaient «déjà élevés».

Selon ses estimations, les recettes publiques se maintiendront au-dessus de 53 % du PIB d'ici à 2015 (comparé à moins de 50 % avant 2011), le ratio le plus élevé de l'OCDE hors pays scandinaves. Alors que la grogne de la population ne cesse d'enfler face au poids croissant de la fiscalité, S&P note que les récents «revirements» du gouvernement (sur la fiscalité du patrimoine, la taxe sur l'excédent brut d'exploitation ou encore l'écotaxe) montrent à quel point la marge de manœuvre pour augmenter les recettes, les impôts et taxes, est désormais extrêmement réduite.

3. L'INCAPACITÉ À BAISSER LES DÉPENSES

Évoquant l'«incapacité du gouvernement à réduire les dépenses de l'État de manière significative», l'agence estime que les dépenses publiques devraient rester supérieures à 56 % du PIB d'ici à 2015, soit le niveau le plus élevé de la zone euro et dans l'OCDE - seulement dépassé par le Danemark. «Nous savons que le gouvernement entend réduire les dépenses publiques, souligne S&P. Toutefois, nous pensons que l'effet des mesures engagées ou annoncées à ce jour sera relativement modeste.»

4. UN TAUX DE CHÔMAGE PÉNALISANT

La politique économique n'a «pas réduit de manière significative» le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10 % jusqu'en 2016. S&P estime que «le niveau actuel du chômage amoindrit le soutien populaire en faveur de nouvelles réformes structurelles et sectorielles et affecte les perspectives de croissance à plus long terme».

5. LA DETTE GRIMPE TOUJOURS

Entre des recettes qui ne peuvent plus augmenter, et des dépenses qui ne se réduisent pas assez, la dette brute de la France dépassera 93 % du PIB d'ici à la fin de 2015, en excluant les garanties liées au Fonds européen de stabilité financière (Fesf). S&P précise que la perspective «stable» attribuée à la note indique que «les facteurs de risques pesant sur la qualité de crédit de la France s'équilibrent .»

Journaliste

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Un nouveau think-tank est lancé ce jeudi. Un laboratoire d'idées pour trouver de nouvelles formes d'emploi et s'affranchir du seul salariat.

«Après 50 ans il est quasi impossible de trouver un emploi salarié. Mais il y a 100 façons de rebondir et de changer de voie. Simplement, nous n'y sommes pas préparés culturellement», explique Patrick Lévy-Waitz, Président de la Fondation ITG. Ce nouveau think-tank (ou laboratoire d'idées), lancé aujourd'hui à l'occasion de son premier colloque, se fixe justement pour ambition d'abattre les barrières culturelles, d'inciter les Français à travailler autrement et d'envisager de nouvelles formes d'emploi au delà du salariat. «Car si la France est la championne du monde des statuts (37 statuts différents cohabitent), personne ne les utilise pleinement», souligne-t-il. Et de pointer également que la France est le seul pays «où l'on ne voit ses gosses ni le matin avant de partir au travail, ni le soir en rentrant». Autant de sujets qui seront débattus sans tabous, alors que le rapport des Français au travail connaît une mutation sans précédent.

Pour nourrir le débat, la Fondation rassemble des entreprises comme Alixio et IGS mais également des syndicats, la CFDT Cadres et l'UGICT-CGT Cadres, ainsi que des personnalités de la société civile reconnues pour leur expertise sur le marché du travail. Elle associe également des groupes de réflexion et d'action issus de la société civile comme Parrainer la Croissance, CroissancePlus, La Villa Numéris et le Réseau 812. Enfin, côté juristes, c'est le cabinet d'avocats Barthélémy qui éclairera les travaux de la Fondation sur les évolutions réglementaires.

Que peut apporter ce nouveau venu dans un paysage des think-tanks déjà bien peuplé? «L'objectif est de faire bouger les lignes en partant du terrain», indique Patrick Lévy-Waitz comme le font l'Institut Montaigne, Terra Nova ou la Face sur d'autres sujets. Mais il revendique son originalité: «nous sommes un animal intriguant car nous voulons débloquer un débat stérile, celui du travail, en repartant des individus».

Cojuncture

08:52 Publié dans ArchiveWeb21, Articles, Entreprise, France, International, Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

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